L’armée turque a lancé dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 juin 2020 des frappes aériennes sur des bases des rebelles kurdes dans le nord de l’Irak. « Nos avions écrasent les cavernes des terroristes », a déclaré le ministère turc de la Défense sur Twitter.

Original article, by Sylvain Mercadier, on June 15 2020

L’aviation turque a frappé 81 cibles dans le nord de l’Irak, visant des positions du PKK dans la nuit de dimanche 14 au lundi 15 juin. Inédite par son intensité, cette campagne pourrait ouvrir la voie à une offensive terrestre au Kurdistan irakien dans l’objectif de conquérir les montagnes où est replié le commandement du mouvement kurde.

Baptisée Serres d’aigle, l’opération vise à affaiblir toujours plus la guérilla du PKK présente au Kurdistan irakien depuis des décennies. Nos avions font s’effondrer les abris des terroristes sur leurs têtes a tweeté le président turc Recep Tayyip Erdogan la nuit dernière.

La Turquie est déjà bien présente au Kurdistan irakien, où elle dispose d’une quinzaine de bases militaires pour contrer le déploiement du PKK dans la région.

Quarante ans de lutte armée

L’organisation politico-militaire kurde mène une lutte armée contre les forces turques depuis près de quarante ans en vue de faire avancer les droits culturels et politiques des Kurdes en Turquie.

Considérée comme terroriste par Ankara et plusieurs pays européens, le PKK a toujours privilégié les négociations plutôt que l’affrontement. La dernière tentative de négociations avec le gouvernement turc a échoué en 2015.

Les autorités turques ont depuis systématiquement opté pour la voie militaire dans l’espoir d’écraser les rebelles. Les opérations militaires contre le PKK et les forces lui étant affiliées se sont multipliées ces dernières années, avec la prise du canton d’Afrine lors de l’opération Rameau d’olivier (janvier-mars 2018) face aux forces kurdes de Syrie, puis lors de l’opération Source de Paix (octobre-novembre 2019) permettant à l’armée turque de prendre le contrôle de larges parties du territoire syrien à sa frontière.

L’aviation turque a frappé 81 cibles dans le nord de l’Irak, visant des positions du PKK dans la nuit de dimanche 14 au lundi 15 juin. Inédite par son intensité, cette campagne pourrait ouvrir la voie à une offensive terrestre au Kurdistan irakien dans l’objectif de conquérir les montagnes où est replié le commandement du mouvement kurde.

Baptisée Serres d’aigle, l’opération vise à affaiblir toujours plus la guérilla du PKK présente au Kurdistan irakien depuis des décennies. Nos avions font s’effondrer les abris des terroristes sur leurs têtes a tweeté le président turc Recep Tayyip Erdogan la nuit dernière.

La Turquie est déjà bien présente au Kurdistan irakien, où elle dispose d’une quinzaine de bases militaires pour contrer le déploiement du PKK dans la région.

Quarante ans de lutte armée

L’organisation politico-militaire kurde mène une lutte armée contre les forces turques depuis près de quarante ans en vue de faire avancer les droits culturels et politiques des Kurdes en Turquie.

Considérée comme terroriste par Ankara et plusieurs pays européens, le PKK a toujours privilégié les négociations plutôt que l’affrontement. La dernière tentative de négociations avec le gouvernement turc a échoué en 2015.

Les autorités turques ont depuis systématiquement opté pour la voie militaire dans l’espoir d’écraser les rebelles. Les opérations militaires contre le PKK et les forces lui étant affiliées se sont multipliées ces dernières années, avec la prise du canton d’Afrine lors de l’opération Rameau d’olivier (janvier-mars 2018) face aux forces kurdes de Syrie, puis lors de l’opération Source de Paix (octobre-novembre 2019) permettant à l’armée turque de prendre le contrôle de larges parties du territoire syrien à sa frontière.

Les monts Sinjar, « une zone de guerre »

Aujourd’hui, alors que le Kurdistan irakien est frappé de plein fouet par une nouvelle vague d’infection au coronavirus, l’opération turque risque d‘affaiblir encore plus une région économiquement sinistrée et politiquement instable.

Ma région ressemble à une zone de guerre », a commenté la Prix Nobel de la paix Nadia Mourad, en faisant référence aux monts Sinjar, où les frappes turques ont été particulièrement nombreuses.

Cette région peuplée de la minorité Yézidie avait subi un génocide perpétré par le groupe État Islamique en 2014 avant que les combattants du PKK ne fassent reculer les islamistes en venant au secours des Yézidis.

Dans la ville-frontière de Silopi, entre le Kurdistan irakien et la Turquie, plusieurs milliers de soldats turcs ont été massés en prévision d’une future invasion des montagnes du Kurdistan voisin. La réquisition par l’armée turque d’une partie d’un hôpital frontalier ne laisse pas de doutes quant au fait que les combats à venir seront d’une violence sans précédent.

Nous sommes en état d’alerte générale depuis trois jours, a confié un militant opérant dans la région. Nos services de renseignements ont observé des mouvements de troupes et une activité anormale dans les bases aériennes de Turquie depuis un certain temps, ce qui ne laissait pas de doutes sur les intentions des forces turques. Nous sommes prêts à répondre en cas d’invasion contre les territoires que nous contrôlons.