Original article by Radio France Internationale

Mazloum Kobani, commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), à majorité kurde, lors d’une réunion à Hasakah dans le nord-est de la Syrie, le 24 août 2019.
DELIL SOULEIMAN / AFP

Les milices kurdes présentes dans le nord-est de la Syrie annoncent leur retrait de la frontière avec la Turquie. Elles laissent donc le champ libre à la création d’une zone tampon, voulue par les Turcs et les Américains.

Les milices kurdes commencent à retirer leurs troupes et leurs armes lourdes de certaines positions le long de la frontière entre la Syrie et la Turquie. C’est ce qu’affirme un porte-parole des FDS, cette force à majorité kurde qui occupe le nord-est du pays.

Ce retrait est un gage de bonne volonté après l’accord conclu entre Ankara et Washington pour la création d’une zone tampon entre la Turquie et la Syrie. Une zone de sécurité réclamée de longue date par les Turcs. Ils craignent d’une part l’afflux de nouveaux réfugiés syriens et d’autre part, l’établissement à leur frontière d’une vaste région autonome kurde, pouvant encourager des velléités séparatistes sur leur sol.

Les États-Unis, eux, veulent empêcher une offensive turque contre ces milices kurdes de Syrie, qui ont été de fidèles alliées dans la lutte contre l’organisation État islamique ces dernières années.

Un dispositif comme à Idleb « inacceptable » pour les Kurdes

La création de cette zone tampon a été actée ce mois-ci après de nombreuses discussions. Mais les détails de sa mise en œuvre restent encore à préciser.

« Des points d’observation seront mis en place, mais ils seront construits sur le sol turc, précise Mostafa Bali, porte-parole des FDS. Comme nous l’avons dit, un système similaire à celui d’Idleb, avec des points d’observation turcs sur le sol syrien, est inacceptable. Tout comme la possibilité pour l’armée turque de patrouiller en toute liberté. Seules les patrouilles conjointes turco-américaines pourront se déplacer le long de la route qui longe la frontière entre la Turquie et la Syrie. »

Le porte-parole de FDS met en garde : « Ces patrouilles turques auront la possibilité de franchir la frontière, mais pas de rester en Syrie. Elles devront à chaque fois regagner leur pays. Les armes dont nous disposons et qui pourraient constituer un danger pour la Turquie, seront retirées de cette zone frontalière. Nos combattants reculeront de 5 km. »