This article is a write-up of a radio interview by Rojava Information Center for Radio France Internationale.

Des déplacés du camp d’al-Hol s’apprêtent à monter dans un bus pour quitter les lieux, le 3 juin.
Delil SOULEIMAN / AF

Près de 800 femmes et enfants syriens devaient quitter le camp d’al-Hol ce lundi dans le nord-est de la Syrie. Ce camp surpeuplé accueille surtout des proches de jihadistes du groupe État Islamique. Il est contrôlé par l’administration semi-autonome kurde qui souhaite une réinsertion de ces familles dans la société. Cette opération est une première et les initiatives de ce genre devraient se multiplier durant les prochaines semaines.

La situation est insoutenable à al-Hol. Quelque 74 000 déplacés s’y entassent dans des conditions déplorables alors que ce camp est conçu à l’origine pour accueillir 20 000 personnes. Face à l’urgence humanitaire, les autorités kurdes ont décidé d’agir. Certes, il y a un risque important. Parmi ces familles qui quittent al-Hol, il y a des épouses et des enfants de jihadistes, mais pas question de les relâcher dans la nature sans surveillance.

Des chefs tribaux syriens donnent des garanties. Ils s’engagent à scruter leurs faits et gestes une fois conduits auprès de leurs familles dans la région de Raqa. Un responsable kurde explique également : « La rééducation et la réinsertion de ces enfants et de ces femmes dans la société est de notre devoir ».

Même durant la bataille contre le groupe État Islamique, les Kurdes considéraient souvent les épouses de jihadistes comme des victimes. Des femmes n’ayant pas eu le choix de suivre leur époux au sein de l’organisation terroriste. D’autres familles syriennes devraient quitter al-Hol durant les prochaines semaines. Pas d’information par contre concernant les étrangers. Des centaines de Françaises et leurs enfants vivent dans ce camp.  

«Al-Hol est un véritable fardeau pour l’administration kurde»

Pour le Britannique Thomas McClure, militant étranger auprès des Kurdes de Syrie au Centre d’information du Rojava, il y a une crise humanitaire au camp d’al-Hol.

« La situation dans le nord-est de Syrie, et en particulier dans le camp d’al-Hol, est très tendue. C’est un véritable fardeau pour l’administration kurde. Il y a plus de 70 000 personnes qui vivent dans le camp d’al-Hol. Parmi tous ces gens, il y a des épouses et des enfants de jihadistes de nationalités étrangères, il y a des jihadistes, il y a de simples réfugiés, des civils, des familles qui ont fui la guerre et la menace de Daech. Concernant ces 800 personnes qui ont quitté al-Hol ce lundi, elles sont allées à Tabq et à Raqa. Les gens doivent pouvoir rentrer chez eux.  
Encore une fois, la situation dans le camp est très tendue, il y a une crise humanitaire. Et avec la présence de tous ces membres de Daech dans le camp d’al-Hol, il y a la crainte de l’endoctrinement donc mieux vaut séparer les civils des jihadistes. Et en même temps tout cela aurait pu être évité si les Kurdes avaient reçu une aide internationale à travers la mise en place d’une Cour pénale internationale pour juger les jihadistes
 ».